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une femme tient dans ses mains un tampon et une serviette hygiénique
Santé

Protections hygiéniques : tout savoir sur le syndrome du choc toxique

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à propos du contributeur

Dr Élisabeth Paganelli

Médecin gynécologue et secrétaire générale du Syndicat national des gynécologues

L'Essentiel de l'article

  • 1 à 5 % (2) des femmes sont porteuses de la bactérie S. aureus responsable du syndrome du choc toxique.
  • Le syndrome du choc toxique a lieu au moment des règles.
  • L’utilisation prolongée d’un tampon ou d’une coupe menstruelle augmente significativement le risque.
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Le syndrome du choc toxique est une maladie liée aux règles qui peut avoir des conséquences graves sur votre santé. Heureusement, certaines précautions et une meilleure utilisation des protections hygiéniques permettent de limiter les risques. Tour d’horizon des idées reçues les plus répandues sur le syndrome du choc toxique.

1 Le syndrome du choc toxique survient pendant les règles

VRAI - Le choc toxique (à ne pas confondre avec une infection sexuellement transmissible) est lié à l’afflux de sang dans le vagin pendant les règles. En effet, si cette bactérie est naturellement présente dans notre environnement et sans danger lorsqu’elle reste à la surface de la peau, elle devient dangereuse lorsqu’elle s’introduit dans la circulation sanguine puisqu’elle peut proliférer et produire la toxine responsable de l’infection. « Les symptômes se manifestent généralement dans un délai de 3 à 5 jours après le début des règles », constate le Dr Paganelli, gynécologue.

2 Seul le port du tampon peut déclencher un syndrome du choc toxique

FAUX - Le tampon n’est pas le seul responsable du syndrome du choc toxique (SCT). La coupe menstruelle, si elle est mal utilisée, est aussi pointée du doigt, ainsi que certains moyens de contraception comme l’éponge menstruelle ou le diaphragme par exemple (1).

« Toutes les protections hygiéniques internes (tampon, coupe menstruelle) exposent à un risque de choc toxique car elles entraînent une stagnation de sang dans le vagin, qui est un environnement favorable au développement des bactéries. C’est ce qui provoque le choc toxique », explique la gynécologue. Heureusement, quelques règles d’hygiène permettent de l’éviter.

Bon à savoir : les bons gestes pour éviter le choc toxique

 
  • Lavez-vous les mains avant et après chaque changement de protection.
  • Changez de tampon ou videz votre coupe menstruelle toutes les 4 à 6 heures selon votre flux.
  • Choisissez un tampon adapté à votre flux (pas trop absorbant car le besoin d'en changer peut se faire ressentir trop tardivement).
  • Privilégiez les serviettes hygiéniques la nuit.

3 Toutes les femmes peuvent être victimes du SCT

FAUX - 20 à 30 % (1) des femmes sont porteuses naturellement du staphylocoque doré, mais « seulement 1 à 5 % (2) sont porteuses de la bactérie S. aureus, c’est-à-dire la souche du staphylocoque doré responsable du syndrome du choc toxique », explique la gynécologue.

« Si l’écoulement des règles est bloqué dans le vagin, la bactérie S. aureus va utiliser les règles comme milieu de culture pour se développer. Il libérera alors une toxine (TSST-1) responsable du choc toxique, explique le Dr Paganelli. Néanmoins, toutes les femmes porteuses du Staphylocoque aureus ne développeront pas forcément un choc toxique. »

4 Les tampons et coupe menstruelle bio permettent d’éviter le SCT

FAUX - Les tampons bio ne protègent pas plus du choc toxique que les tampons classiques. « C’est une mauvaise utilisation du tampon ou de la coupe menstruelle qui favorise le risque de contracter l’infection, et non leur composition », explique la gynécologue.

5 Le choc toxique peut se guérir

VRAI - Le choc toxique doit être traité immédiatement après avoir été dépisté, avant que l'infection ne puisse nuire aux organes vitaux, en créant notamment des lésions au cœur, aux poumons, aux reins ou au foie, par exemple. Plus grave, le choc toxique peut également entraîner une perte de conscience, un coma, voire un décès dans les cas les plus graves.

Néanmoins, traité à temps, le choc toxique ne laisse aucune séquelle. « À l'apparition des premiers symptômes (fièvre, malaise, nausées, vomissements) vous devez enlever le tampon ou la coupe menstruelle et vous rendre immédiatement chez votre médecin ou consulter en ligne grâce à la téléconsultation » explique la gynécologue. Une fois le diagnostic posé, la personne est prise en charge à l'hôpital, en soins intensifs, afin de recevoir un traitement comprenant une antibiothérapie et l’injection d’immunoglobulines par voie intraveineuse.

6 On peut être atteinte du SCT plusieurs fois dans sa vie

VRAI - Vous pouvez faire plusieurs chocs toxiques dès lors que vous êtes porteuse de la bactérie responsable du syndrome. C’est pourquoi, « il est fortement conseillé aux femmes ayant déjà fait un syndrome de choc toxique menstruel de ne plus utiliser de protection intime interne (ni tampon ni coupe menstruelle) », indique le Dr Paganelli.

Quels sont les facteurs de risque du choc toxique ?

 

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