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Le sport comme exutoire face au handicap.
Solidarité

Comme Les Autres : une aventure sportive pour dépasser le handicap

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L'Essentiel de l'article

  • Le sport : un exutoire essentiel.
  • L’aventure pour gagner en autonomie.
  • Des sensations fortes qui donnent des ailes.
  • De nouvelles rencontres pour se reconstruire.
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Ils n’ont aucun souvenir du moment où leur vie a basculé. Seulement celui de s’être réveillé seul dans un lit d’hôpital, paraplégique. Céline, 46 ans, et Vincent, 43 ans, ont tous les deux été victimes d’un accident qui leur a fait perdre l’usage de leurs jambes. Elle était alors étudiante en troisième année de psychologie dans le sud de la France : « J’ai perdu connaissance au volant il y a quatorze ans. J’avais alors 33 ans ». Vincent travaillait au centre spatial guyanais. Féru de sport, il était en train de s’adonner à sa dernière passion, le kitesurf, sur une plage de Kourou : « Il y a deux ans, une rafale de vent m’a fait perdre le contrôle de mon aile et j’ai été projeté à plus de 15 mètres ». S’en sont suivis pour chacun de longs et éprouvants séjours à l’hôpital et en centre de rééducation.

1 Rebondir après un accident grâce au sport

Céline trouve d’abord un exutoire dans le sport. « J’ai commencé à me reconstruire à travers la pratique de la plongée et de la randonnée adaptée. » Vincent retrouve un ancien collègue, lui aussi paraplégique, qui l’encourage à pratiquer le fauteuil d’athlétisme.

Jusqu’au jour où Comme Les Autres vient leur apporter une nouvelle bouffée d’oxygène. Soutenue par la Fondation d’entreprise du Groupe Macif, l’association accompagne des personnes en situation de handicap à la suite d’un accident de la vie dans leur parcours de reconstruction. Tous deux acceptent de participer au séjour à sensations fortes qui leur est proposé. « Des membres de l’association sont venus à ma rencontre au centre de rééducation pour me proposer de participer à un séjour-aventure à sensations fortes », se souvient Vincent. Céline regrette, elle, de ne pas avoir connu l’association plus tôt. « C’est un autre « handi » qui m’en a parlé. Elle n’existait malheureusement pas lorsque j’ai eu mon accident et j’ai perdu beaucoup de temps dans l’acceptation de mon handicap. »

Grâce au sport, j’oublie mon handicap : j’ai retrouvé des sensations que jamais je ne pensais pouvoir ressentir.

Vincent, 43 ans

2 Un séjour-aventure pour apprendre à s'adapter

La surprise est totale. Loin de tout repère, Céline et Vincent doivent, au début, prendre sur eux. « Avec mon groupe, composé de 5 « handis » et 7 valides, nous sommes partis de Bordeaux en minibus jusqu’à Argelès-sur-Mer. C’était la première fois que je faisais un trajet aussi long depuis mon accident », raconte Vincent. À leur arrivée, un camping les attendait : « Nous étions hébergés dans des bungalows, mais c’était déjà l’aventure pour nous de sortir de notre quotidien ! »

À Tignes, Céline et son groupe sont logés dans des appartements-hôtel. « La salle de bains n’était pas forcément adaptée et je me suis débrouillée à la force de mes bras. Mais c’est aussi le but : c’est à nous de nous adapter pour gagner en autonomie et nous réapproprier ce corps abîmé », reconnaît-elle.

3 De l'adrénaline qui fait du bien

Céline et Vincent pratiquent également de multiples activités à sensations : parapente, rafting, quad, jet ski, hélicoptère… « Nous sommes obligés de nous dépasser, de repousser nos limites. On ne peut compter que sur soi-même, cela redonne confiance car notre corps est capable de ressentir de fortes sensations malgré l’accident », explique Vincent. « On a besoin de se prouver des choses. C’est d’autant plus jouissif lorsqu’on atteint nos objectifs. Le sport procure une sensation de liberté incroyable, le sentiment que rien n’est impossible ! », se réjouit Céline.

4 La force du collectif, un regain d'énergie

Les deux quadragénaires n’oublient pas non plus la force du groupe qui les a portés : ils ont retrouvé la joie de vivre au contact d’autres « handis », mais également auprès de personnes valides. « Il n’y a plus de barrières, nous sommes tous pareils. Il y avait une vraie symbiose dans notre groupe, nourrie de partage et de découvertes incroyables », souligne Vincent. « Être en immersion tous ensemble pendant cinq jours nous ouvre un peu plus aux autres, Cela fait un bien fou, quel bonheur de se sentir intégrés et de revivre ! » confirme Céline.

5 Un nouvel élan pour aller de l'avant

Même s’il ne se sent pas encore prêt à accepter son handicap et à reprendre le travail, Vincent mesure tout le chemin parcouru depuis son accident. « J’ai rencontré des personnes que je n’aurais jamais croisées sans cet accident, et qui donnent une nouvelle orientation à ma vie : elles me tirent vers le haut. » Galvanisé par son expérience, il se donne aujourd’hui à corps perdu dans le sport : karting, fauteuil d’athlétisme et ski fauteuil en compétition… Jusqu’à se fixer de nouveaux objectifs : « J’ai été sélectionné pour représenter la France aux Jeux paralympiques 2024 dans l’équipe de canoë-kayak, alors que je n’en avais jamais fait ! ». Parallèlement, il se prépare à devenir le premier handisportif à participer au 30e marathon de l’Espace en Guyane, en 2021.

De son côté, Céline confie, non sans une certaine émotion : « Ce séjour m’a donné envie de sortir de ma zone de confort pour redonner du sens à ma vie. Ce qui me motive aujourd’hui, c’est de me rendre utile et de donner une vision positive du handicap. » Très investie dans le monde associatif, elle anime régulièrement des actions de sensibilisation avec Comme Les Autres, en milieu scolaire ou carcéral. Elle vient également d’engager sa reconversion professionnelle pour apprendre le métier d’assistant-comptable. « Être rémunérée pour ce je fais serait une vraie reconnaissance et m’aiderait à m’intégrer davantage dans la société », insiste-t-elle.

Il ne faut pas voir ce que l’on a en moins, mais ce que l’on a en plus : notre persévérance, et notre ténacité apportent une dynamique supplémentaire.

Céline, 46 ans

Sources :
(1) Fédération Française Handisport, Le guide handisport 2019, p. 92
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