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Solidarité

Service civique : et si vous le faisiez dans une mutuelle ?

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à propos du contributeur

Étienne Maïer, directeur national d'Unis-Cité
Étienne Maïer

Directeur national d'Unis-Cité

L'essentiel de l'article

  • Le service civique est ouvert à tous les jeunes sans condition de diplôme.
  • Il faut être âgé de 16 ans minimum et jusqu’à 25 ans maximum (30 ans si vous êtes en situation de handicap).
  • 150 000 missions sont disponibles en 2018, dont 100 au sein de la Macif.
  • Une mission dure en moyenne 6 à 8 mois.
  • La rémunération est de 570 €/mois.
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Deux jeunes en service civique auprès d'une personne âgée

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1 Un service solidaire et républicain

Le service civique est un dispositif d’État qui permet aux jeunes qui le souhaitent de consacrer une période de leur vie à l’intérêt général (solidarité, protection de l’environnement, culture, etc.). Le service civique est ouvert à tous, sans aucune condition de diplôme. Son rôle social est double : en premier lieu, répondre aux défis sociaux ou environnementaux auquel notre pays est confronté en soutenant l’action des associations et organismes qui œuvrent pour le bien commun, en fournissant des activités ou des services gratuitement. Mais c’est aussi un apprentissage citoyen et républicain, comme le souligne Étienne Maïer, codirecteur d’Unis-Cité.

« Le service civique a été pensé pour apporter aux jeunes des temps de sensibilisation et d’éveil citoyen, et permet ainsi pour certains jeunes un « raccrochage » républicain : comment fonctionnent les instances de notre pays, qu’est-ce qu’une démocratie, etc. Ce ne sont pas des cours d’éducation civique, mais plutôt une sensibilisation citoyenne participative qui permet aux jeunes de mieux comprendre comment fonctionne notre République et comment ils peuvent s’en saisir pour devenir acteurs de leur société au lieu de la subir. »

2 S’ouvrir et reprendre confiance

Ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans (30 ans pour les jeunes en situation de handicap), le service civique attire des profils très variés : des lycéens et des étudiants en fin de cycle scolaire ou universitaire, qui souhaitent se faire une première expérience et un début de réseau avant de commencer leur vie professionnelle. Ce sont aussi des jeunes qui ont commencé à travailler, mais qui, faute d’intérêt, réfléchissent à une réorientation. Les partenaires de l’Agence du Service Civique pourront notamment les accompagner dans leurs recherches de travail. Enfin, il y a aussi de nombreux jeunes sans qualification, au parcours moins « solide ».

« Parfois en galère, ces jeunes utilisent le service civique comme une bouée de sauvetage, après plusieurs mois ou années d’inactivité, voire d’errance, explique Étienne Maïer. C’est une étape capitale pour eux, car ça leur permet de reprendre un rythme, d’apprendre de nouvelles choses au contact des autres, et de trouver une nouvelle dynamique pour l’avenir. Ils reprennent confiance en eux et en la société en général, ce qui est fondamental pour cette jeunesse parfois désabusée et malmenée. »

Bon à savoir

Les jeunes ayant fait preuve d’un engagement particulièrement fort pendant leur service civique peuvent être accompagnés par l’Institut de l’Engagement en vue de construire un projet d’avenir. Grâce à ses partenariats avec des écoles et des entreprises, l’institut aide les candidats sélectionnés à reprendre une formation, trouver un emploi ou monter un projet de création d’activité associative ou une entreprise.

3 Service civique et organisme mutualiste, un lien évident

Historiquement engagées dans les démarches solidaires, les mutuelles constituent un excellent cadre pour effectuer son service civique. C’est pourquoi la Macif a lancé un programme de service civique inédit aux côtés de l’association Unis-Cité. Depuis janvier 2018, 100 jeunes ont été accueillis partout en France et se sont vu confier des missions mettant en avant les valeurs mutualistes. Ils ont ainsi pu prendre part à des actions de terrain autour de quatre grandes thématiques :

  • la santé ;
  • l’habitat et vie quotidienne ;
  • la mobilité ;
  • la gestion budgétaire.

    
Pour ces jeunes, ce programme de service civique mutualiste est l’occasion non seulement d’acquérir de l’expérience, mais aussi de découvrir les engagements mutualistes et les spécificités de l’économie sociale et solidaire.

« Le groupe Macif soutient depuis plus de vingt ans l’association Unis-Cité via sa Fondation. La Macif collabore avec Unis-Cité, notamment dans le cadre du projet Silver Geek. Unis-Cité est également l’un des partenaires fondateurs de Diffuz, le nouveau réseau social solidaire ouvert à tous, initié par la Macif », rappelle Alain Montarant, président du groupe Macif.

Fort de son succès, le programme est reconduit par la Macif et concernera 100 nouvelles places à partir de septembre 2018.

Bon à savoir

Unis-Cité est une association qui invente et organise des missions de service civique dans des domaines principalement reliés à la solidarité. Les missions sont confiées à des collectifs de quatre ou huit jeunes, ce qui leur permet de vaincre leur timidité, de se soutenir et de dépasser les éventuelles phases de démotivation. Un fonctionnement qui aide à casser les préjugés et suscite même des vocations. Les jeunes reçoivent une formation en début de service civique et disposent d’outils et d’un suivi tout au long de la mission afin d’avoir le bagage nécessaire pour mener à bien leur mission.

4 Motivé(e) ? Cliquez, postulez !

Toutes les missions de service civique en France et même à l’étranger sont répertoriées sur un site national : service-civique.gouv.fr. On peut aussi postuler directement en ligne et, contrairement à un emploi, le plus important n’est pas le CV. Certaines missions étant plus demandées que d’autres, une « sélection » doit parfois être opérée. Toutefois, le niveau d’étude et les expériences professionnelles ne sont pas les critères sur lesquels se base cette sélection. Ce sont surtout les savoir-être et la motivation qui font la différence. Il s’agit de montrer son intérêt pour la mission en question.

« On va avant tout regarder les motivations et les envies, ce n’est pas un entretien d’embauche ! Il est important de rassurer les jeunes là-dessus car ils peuvent manquer de confiance et se mettre eux-mêmes des barrières, rappelle Étienne Maïer. Si ça ne marche pas du premier coup, il faut retenter sa chance, on finit toujours par trouver ! Mais nous insistons aussi sur le fait que ce n’est pas du bénévolat : c’est du volontariat encadré, avec des obligations, et qui nécessite un vrai engagement pour réussir. »

Il y a neuf grandes thématiques de missions : santé, sport, éducation pour tous, intervention en cas de crise intérieure, mémoire et citoyenneté, culture et loisirs, développement international, solidarité, environnement. Le service dure en moyenne huit mois et est indemnisé autour de 570 € par mois, nets et non imposables. Il est possible de poursuivre des études ou d’avoir un emploi à temps partiel, en parallèle de son service civique. Cependant, l’engagement de service civique étant d’au moins 24 heures par semaine, il est fortement recommandé que cela reste l’activité principale durant cette période.

Attention toutefois : on ne peut faire qu’un seul service civique dans sa vie, il faut donc savoir choisir le meilleur moment pour soi. Et plus on est au courant tôt de l’existence du service civique, plus on peut tirer profit de cette expérience pour son avenir.

Un nouveau programme de citoyenneté initié et financé par la Macif

Depuis le mois de janvier 2018, 100 jeunes « Diffuseurs de Solidarité » sont mobilisés grâce à la Macif dans cinq villes pilotes (Tours, Lyon, Mulhouse, Alforville, Niort). S’appuyant sur la plateforme Diffuz.com pour développer la solidarité locale en repérant et rapprochant les besoins des associations et les désirs d’engagement des citoyens.

5 Testé et approuvé

Unis-Cité est présent sur une soixantaine de sites partout en France et organise régulièrement des séances d’information, animées entre autres par des jeunes en service civique qui viennent témoigner de leur expérience.

« 92 % des jeunes ayant fait un service civique le recommandent autour d’eux. Entre 75 et 80 % des jeunes trouvent un travail, entrent en formation ou reprennent les études à l’issue de leur mission, c’est donc un excellent tremplin ! 82 % des jeunes déclarent également s’engager bénévolement après la fin de leur service, précise Etienne Maier. Celui-ci est donc aussi un excellent moyen de nourrir le tissu associatif qui en a bien besoin ! » 

Avec 150 000 missions proposées en 2018 (dont 8 000 chez Unis-Cité), la France est le premier pays en nombre de volontaires ; soit un beau potentiel de futurs bénévoles.

Étienne Maïer

* Source : Agence du Service Civique.

 

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