Comment lutter contre la pollution de l’eau ?

Les enjeux écologiques ne peuvent plus être ignorés, et encore moins lorsqu’il s’agit d’un des biens les plus précieux de notre planète : l’eau. Mais cet élément indispensable à la vie se retrouve de plus en plus pollué, notamment par les modes de vie modernes. On fait le point.

Temps de lecture : 9 min

La pollution de l’eau, qu’est-ce que c’est ?

Quand on pense pollution de l’eau, ce sont souvent immédiatement les océans qui viennent à l’esprit. Pourtant, les rivières, les lacs et les nappes phréatiques sont aussi impactés par la pollution. Celle-ci provient notamment des déchets jetés dans la nature, des rejets industriels ou agricoles, et de l’eau sale des caniveaux. Une eau polluée est une eau qui a été « salie », et cela signifie que l’on y trouve des matières qui ne devraient pas être présentes, qui ne sont pas adaptées à ce milieu, et qui peuvent se révéler dangereuses pour les humains, la faune et la flore. 

Cette pollution peut prendre des formes différentes, mais les éléments permettant de la reconnaître sont : 

  • la présence de produits chimiques ;
  • une teneur en oxygène plus faible (qui entraîne une mortalité élevée des espèces) ;
  • des algues qui prolifèrent ;
  • des bactéries ou virus présents ;
  • une eau qui devient plus opaque.

Toutes ces modifications du milieu aquatique ont des conséquences directes et souvent irréversibles sur tout l’écosystème.

72%
de la surface de la Terre est recouverte d’eau (2).

Quelles sont les causes de la pollution de l’eau ?

La vie quotidienne, l’agriculture ou le travail des industries : autant de vecteurs de pollution des eaux. Voici les quatre principales sources de pollution des eaux :

La pollution domestique

La vie quotidienne a un impact direct sur l’état de l’eau : les eaux usées (l’eau de vaisselle ou de la douche par exemple), les produits d’entretien (détergents, lessives, etc.) ou d’hygiène (savons, gels douche), les peintures, les solvants, ou encore les huiles de vidange, se retrouvent rejetés dans l’eau, la rendant impure.

La pollution industrielle 

Les rejets industriels contiennent de nombreuses substances toxiques : les hydrocarbures, le PCB (polychlorobiphényle), des métaux lourds parmi lesquels le mercure, le plomb. Tout cela, ainsi que les eaux usées des usines, vient se mélanger aux cours d’eau, perturbant grandement la faune et la flore aquatiques. 

 

Deux buses de béton rejettent des eaux usées dans une rivière

 

La pollution agricole 

L’agriculture est la cause première de la pollution de l’eau (1). Dans le monde, elle est à l’origine du contaminant chimique le plus retrouvé dans les nappes souterraines : le nitrate, issu des engrais. L’agriculture moderne décharge dans la nature des quantités importantes de matières organiques mais aussi de produits agrochimiques, de pesticides, de solutions salines… Parmi les produits phytosanitaires (fongicides, herbicides, etc.) couramment utilisés se trouvent des molécules soupçonnées d’entraîner des perturbations endocriniennes. Elles s’éliminent très difficilement, et même les stations d’épuration ont des difficultés à les traiter. On retrouve aussi des agents pathogènes (bactéries, virus) venant du bétail, et tout cela finit par polluer les eaux.

La pollution accidentelle

La pollution accidentelle peut venir du déversement de produits toxiques au sein du milieu naturel, ou de catastrophes et d’événements naturels, notamment les crues, les pluies diluviennes ou les tremblements de terre. Avec le réchauffement climatique qui tend à augmenter autant la puissance que la fréquence de ces phénomènes, les pollutions accidentelles qui en résultent devraient malheureusement elles aussi augmenter.

Buvons !

En connaissant tous les problèmes liés à la pollution de l’eau, on pourrait avoir peur de consommer celle du robinet ! Mais les traitements de potabilisation sont là pour supprimer les substances toxiques présentes dans l’eau. Et s’il est impossible de les éliminer, l’eau n’est pas distribuée. De plus, les stations de traitement des eaux sont soumises à des directives strictes, européennes. Ainsi, aucun lien ne peut être fait entre la qualité des ressources en eau et celle de l’eau du robinet. 

Limiter la pollution de l’eau : les solutions collectives

Lutter contre la pollution organique de l’eau

L’eau peut contenir des bactéries et des virus, entraînant une pollution microbiologique et un vrai risque pour la santé. Ces derniers proviennent de la décomposition naturelle d’excréments d’animaux (sauvages ou d’élevage), de végétaux pourris, d’animaux morts, du rejet des ordures ménagères végétales, etc. Certaines pollutions organiques peuvent aussi être dues à des phénomènes naturels ou à la dissolution de matières organiques présentes dans le sol. 
Les principaux moyens de lutte contre la pollution organique se jouent principalement au niveau des pouvoirs publics et des collectivités locales : mise en place de stations d’épuration, réglementation sur le traitement des effluents agricoles, collecte des déchets, entretien des caniveaux, etc.

Lutter contre la pollution chimique de l’eau

Là encore, les moyens de lutte sont surtout collectifs : réglementations sur les rejets industriels, mise en place du principe « pollueur-payeur » (les industries sont taxées pour prendre en charge une partie des coûts générés par la pollution), par exemple. Mais on peut aussi agir au niveau individuel avec quelques gestes antipollution simples (voir plus bas).

9
cours d'eau sur 10 sont pollués par des pesticides (3).

Quelles sont les conséquences de la pollution de l’eau ?

Un manque d’oxygène dans l’eau

On appelle hypoxie le fait que l’oxygène soit trop rare dans l’eau. La vie des espèces animales et végétales est alors menacée. L’anoxie est le stade fatal, où il n’y a plus d’oxygène, ou plus suffisamment, pour maintenir la vie. Ces deux phénomènes agissent directement sur la biodiversité ; plantes, poissons et autres espèces en subissent les conséquences, avec une mortalité accrue et la disparition des plus fragiles.

La prolifération de végétaux « toxiques » 

Certains végétaux impactent négativement le milieu aquatique. En consommant l’oxygène utile aux autres espèces aquatiques, ils perturbent l’écosystème. C’est le cas notamment des algues vertes, qui représentent un danger pour l’écosystème marin lorsqu’elles prolifèrent. Or, comme elles se nourrissent de nitrates, comme ceux présents en grande quantité dans les engrais et eaux usées rejetées dans l’eau, leur croissance est hors de contrôle dans certaines zones côtières des régions agricoles.

 

Une main gantée ramasse une bouteille en plastique sur une plage.

 

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Retrouvez ici tous ses engagements pour la protection du climat et de la biodiversité.

11 gestes à adopter pour préserver la qualité de l’eau

Si cette pollution extrêmement préoccupante est un enjeu de taille pour l’avenir, la bonne nouvelle est que chacun peut agir à son échelle. Et chaque petit geste compte ! On se dit parfois que ce n’est pas ce petit détail qui changera la donne, et pourtant, mis bout à bout, nos actions quotidiennes ont un impact. Voici une liste de bonnes habitudes à prendre, à la maison et lors des sorties.

À la maison 

Réduire sa consommation d’eau : une utilisation excessive participe grandement à la pollution de celle-ci. Plus on en utilise, plus on crée de rejets, qui eux-mêmes mettent à mal l’écosystème. Minimiser sa  consommation d’eau est donc le premier réflexe à avoir : ne lancer le lave-vaisselle que quand il est plein, privilégier des douches courtes, couper le robinet quand on se brosse les dents, installer des pommeaux de douche ou des toilettes économes en eau par exemple.

  • Privilégier des produits d’entretien (lessives, liquide vaisselle, etc.) naturels ou certifiés biologiques. Et utiliser la juste dose, pas besoin d’en rajouter !
  • Jeter ses lingettes, cotons-tiges et tampons et serviettes hygiéniques dans la poubelle, et surtout pas dans les toilettes. Retenir que dans les toilettes, tout ce qui est jeté – autre que du papier toilette – entraîne des dysfonctionnements dans les stations d’épuration de l’eau.
  • Être attentif à la composition de ses savons, gels douche, shampoings… Comme ils terminent dans les eaux usées, autant qu’ils soient sans ingrédients nocifs ou toxiques pour la nature. 
  • Aller à la déchetterie pour jeter les produits chimiques (peintures, solvants, ammoniac, etc.). Il ne faut surtout pas les jeter dans l’évier ou dans les toilettes : ils causeraient – même en petite quantité – des dommages irréparables pour la nature (et vos installations). 
  • Réduire l’utilisation des plastiques. Déversés dans les rivières et les océans, ils se retrouvent en quantité colossale dans l’eau, la rendant impropre à la consommation et invivable pour les plantes aquatiques et les animaux. Gardez à l’esprit que les sacs, bouteilles et autres objets du quotidien en plastique peuvent bloquer les égouts, et ils ont aussi des effets irréversibles sur l’écosystème marin, tuant de nombreuses espèces (certaines tortues de mer et des baleines se retrouvent avec des pailles dans le nez, des sacs dans l’estomac…). 

Dans le jardin

  • Désherbants, pesticides, insecticides… ces produits phytosanitaires sont les pires ennemis de nos eaux. Désherber manuellement (sans produit) et/ou choisir des produits naturels est la bonne solution. Vous pouvez fabriquer votre désherbant naturel vous-même en mélangeant du vinaigre, du bicarbonate de soude et de l’eau. 
  • Abandonner le nettoyage de la voiture du dimanche dans le jardin et se rendre dans une station de lavage. Non seulement le traitement des eaux usées y suit les normes, mais cela permet aussi de consommer près de moitié moins d’eau (les stations sont équipées de matériels qui régulent le débit pour éviter le gaspillage). 

Dans la nature 

  • Ramasser les excréments de vos animaux et s’en débarrasser à la poubelle, car ils polluent le milieu naturel  
  • Garder ses détritus (masques et mouchoirs jetables, canettes, bouteilles, mégots de cigarettes, chewing-gums, emballages, tubes de crème, etc.) avec soi et les jeter à la maison, dans une vraie poubelle.
  • En camping-car ou en bateau, vidanger les eaux usées dans les aires de stationnement (spécialement conçues pour les bateaux ou les camping-cars) à disposition à cet effet dans les communes et les ports.
  • En rendant nos petits gestes du quotidien plus responsables, la question de la pollution de l’eau… coulera de source dans la conscience collective !
     
  • Lire aussi : Le World Clean’Up Day :  comment participer à ce grand nettoyage de la nature ?

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L'Essentiel de l'article
  • L’eau se pollue de manière organique ou chimique.
  • Les enjeux autour de la pollution de l’eau concernent aussi bien la santé publique et l’écologie que l’économie. 
  • Avec de petits gestes, chez soi ou dehors, on peut limiter la pollution de l’eau et ses dégâts pour la planète. 
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