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Bien-être

Temps d’écran : les adultes en route vers la désintox

2 min

à propos du contributeur

Alexis de Maud’Huy

Coach et thérapeute, spécialiste des difficultés émotionnelles liées au numérique

L'essentiel de l'article

  • Chaque foyer français dispose de 5,5 écrans en moyenne. (1)
  • Le temps d’écran moyen s’élève à 5 heures par jour. (2)
  • 71 % des Français pensent que l’usage croissant des écrans nuit à la qualité des relations. (3)
  • La forme de surconsommation aux écrans la plus fréquente concerne les jeux vidéo en ligne. (4)
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Smartphone, tablette, ordinateur, télévision… Les écrans sont plus que jamais omniprésents dans notre quotidien. Chaque foyer français disposerait ainsi de 5,5 écrans en moyenne (1). Pour travailler ou se divertir, communiquer ou s’informer, trouver son chemin ou réserver une table au restaurant, ils sont devenus quasi indispensables. Chaque jour en France, plus de 30 millions de personnes naviguent sur Internet depuis leur téléphone portable et 38,2 millions se connectent à leurs réseaux sociaux ou utilisent des applications. (2)

1 Un temps d’écran en progression constante

La multiplication des écrans, des applications sociales et des services associés mobilise de plus en plus de temps. Ainsi, en 2017, près de 8 Français sur 10 (44,4 millions) ont regardé quotidiennement la télévision, consacrant en moyenne 3 h 42 à cette activité (5). Mais si la télévision reste à ce jour l’écran le plus répandu, elle est concurrencée par les smartphones et autres tablettes.

« Les consommateurs passent en moyenne 50 minutes par jour sur Facebook. Les applications sociales telles que Snapchat, Instagram et Twitter se combinent pour prendre encore plus de temps. 38 % des Français consultent en moyenne 10 fois leur smartphone dans la journée et 28 % jusqu’à 25 fois », signale Alexis de Maud’Huy, coach et thérapeute, spécialiste des difficultés émotionnelles liées au numérique.

Résultat, on estime que le temps consacré aux écrans s’élève aujourd’hui à plus de 5 heures par jour. (2)

Bon à savoir

En sept ans, le temps quotidien passé devant un écran en dehors du temps de travail a augmenté de 20 minutes en moyenne chez les enfants et d’1 h 20 chez les adultes (6). À noter que, d’une manière générale, les personnes de moins de 30 ans seraient plus exposées à un usage excessif des écrans que les plus âgées (7).

2 L’addiction aux écrans, qu’est-ce que c’est ?

Cette surconsommation préoccupe de nombreux Français. 71 % d’entre eux estiment que l’usage croissant des écrans nuit à la qualité des relations, tandis que 59 % se considèrent eux-mêmes comme dépendants de leurs équipements (3). Une situation problématique au vu des préjudices qui peuvent découler de l’utilisation abusive des écrans, notamment sur la santé (troubles musculo-squelettiques, troubles du sommeil, fatigue oculaire, migraines, alimentation déséquilibrée et problèmes de poids, risque cardio-vasculaire accru), la vie sociale (isolement, dégradation ou rupture des liens sociaux, désintérêt pour toute activité extérieure) et l’équilibre psychologique (stress, anxiété, trouble de l’humeur, mal-être, agressivité, sentiment de culpabilité).

 

Bien qu’ils soient pratiques, efficaces et accessibles, les outils numériques génèrent une hypersollicitation permanente. C’est à nous de fixer les limites de nos usages. Tout en profitant des atouts des nouvelles technologies, il s’agit d’éviter la surconsommation.

Alexis de Maud’Huy

Selon lui, l’addiction aux écrans concernerait véritablement entre 1 et 2 % de la population générale et 5 % des adolescents. L’auteur de l’ouvrage Se protéger des addictions aux écrans, c’est parti ! (éditions Jouvence, 2018) définit l’addiction comme « la limite entre l’envie et le besoin. Il s’agit du moment où l’intention et la volonté sont dépassées, celui où l’on perd sa liberté de choix », explique-t-il. Et de poursuivre : « La forme de surconsommation aux écrans la plus fréquente reste celle qui concerne les jeux vidéo, en particulier ceux en ligne. Bien sûr, il existe de nombreuses autres façons de devenir addict à des services en ligne, les plus classiques étant les réseaux sociaux. »

Le saviez-vous ?

Le binge watching (ou visionnage boulimique) est la pratique qui consiste à regarder la télévision ou tout autre écran pendant une plus longue période de temps que d’habitude, le plus souvent en regardant plusieurs épisodes d’une série à la suite. Par exemple, l’abonné Netflix moyen regarde deux heures de contenu par jour. 61 % des abonnés avouent pratiquer régulièrement le binge watching. (4)

3 Addiction aux écrans : comment l’identifier ?

Mais à ce jour, aucun critère quantitatif ne permet de définir précisément le moment à partir duquel l’usage des écrans devient problématique. Cette situation ne se mesure pas au nombre d’heures passées devant l’écran, mais aux conséquences de ce comportement. En revanche, plusieurs indicateurs peuvent inciter à tirer la sonnette d’alarme.

  • Les écrans deviennent le principal, si ce n’est l’unique centre d’intérêt, au détriment des autres loisirs et relations sociales.
     
  • L’utilisateur perd le contrôle de sa pratique et ressent un besoin irrépressible de se connecter tous les jours sans exception, sans réussir à se fixer de limite et ressent un profond malaise en cas d’impossibilité de se connecter.
     
  • L’usage des écrans influe négativement et durablement sur la vie sociale, professionnelle génère de la souffrance pour lui-même et/ou pour son entourage.
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5 Vive la détox digitale

Dans le cas d’un usage déjà abusif du téléphone, une désintoxication numérique peut constituer une bonne alternative. « Elle désigne le fait de s’abstenir volontairement d’utiliser des appareils électroniques et de stopper momentanément toutes les activités nécessitant d’être connectées à Internet », détaille Alexis de Maud’Huy. Baisse du niveau de stress, gain de temps, capacité de concentration accrue, complicité avec ses proches retrouvée : les bienfaits d’une détox digitale sont multiples. Et si cette initiative ne suffit pas, la consultation d’un professionnel tel qu’un spécialiste des addictions, ne doit pas être exclue. « Lui seul pourra proposer l’accompagnement le plus adéquat et prodiguer les bons conseils. »

Sources :

(1) Conseil supérieur de l’audiovisuel, Observatoire de l’équipement audiovisuel des foyers, « 5 à 6 écrans par foyer pour regarder des vidéos », 2017.
(2) Médiamétrie, « L’année Internet 2017 », 2018.
(3) Sondage Ifop, « Les Français et les écrans numériques », 2012.
(4) A. Maud-Huy, Se protéger des écrans, c’est parti ! Éditions Jouvence.
(5) Médiamétrie, « L’année TV 2017 », 2018.
(6) Anses, « Évolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matière de sécurité sanitaire et de nutrition », 2017.
(7) Institut d’éducation médicale et de prévention, « Campagne d’information sur le bon usage des écrans », 2018.
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