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Un homme ouvre un préservatif pour l'utiliser avec sa partenaire.
Santé

Comment se transmet le VIH, virus du sida ?

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L'Essentiel de l'article

  • Il existe 3 modes de transmission du VIH : par voie sexuelle, par contact du sang, pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement.
  • Pour se protéger du VIH il existe les préservatifs, la PrEP et le TASP.
  • Le dépistage du VIH est nécessaire après chaque rapport à risque.
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Le VIH, infection responsable du sida, se transmet le plus souvent lors de rapports sexuels non protégés par un préservatif masculin (externe) ou féminin (interne). L’infection au VIH n’est transmissible que s’il y a eu un contact direct entre un liquide permettant la transmission du virus (sang, sécrétions sexuelles – sperme, glaire vaginale, etc. – , lait maternel, entre autres) et une « porte d’entrée » pour le virus (les yeux, les oreilles, les narines, la bouche, l’anus, le gland, l’entrée du vagin, la vulve (clitoris, intérieur des grandes lèvres, petites lèvres) ou encore une plaie ouverte). On vous explique tout sur les modes de transmission et de contamination du VIH pour que vous viviez une sexualité épanouie et sans risque !

1 VIH : comment se transmet le virus du sida ?

Le VIH (virus d’immunodéficience humaine) est une infection sexuellement transmissible (IST) chronique, c’est-à-dire qui ne se guérit pas. En entrant dans votre organisme, le VIH s’attaque aux cellules de votre système immunitaire, et en particulier aux globules blancs T CD4 (1), qui ont pour rôle de protéger votre corps des infections et autres maladies.

Mais alors, quelle est la différence entre le VIH et le SIDA et à partir de quand parle-t-on du SIDA ? La prévention sur le VIH est essentielle car il faut bien faire la différence entre une personne séropositive et une personne malade du SIDA. On parle de séropositivité si vous êtes infecté par le VIH, c’est-à-dire que le virus est entré dans votre corps, qu’il se multiplie mais que vos anticorps défendent votre organisme. Dès lors, vous êtes infecté mais pas malade. On parle de SIDA quand vous êtes infecté par le VIH, que votre système immunitaire est fortement affaibli et que vous êtes devenu vulnérable face à d’autres maladies : cancers, pneumonie, tuberculose…

À noter qu’aujourd’hui, avec l’évolution des traitements, les personnes infectées par le VIH restent souvent séropositives sans tomber malade du SIDA, les médicaments permettant de stopper l’évolution du virus et son impact sur la qualité de vie. Il est donc possible de vivre avec le VIH.

Important : « porte d’entrée » + liquide(s) contaminant(s) = prise de risque.

Un simple contact ne suffit pas : si on met du sang contaminé sur le bras, il n’y a aucun risque, il faut que le sang soit en contact avec une muqueuse ou une plaie.

2 Quels sont les modes de transmission du VIH ?

Si vous êtes contaminé par le VIH, le virus est présent dans tous les liquides de votre corps, mais tous n’ont pas le même pouvoir de transmission. Présent en toute petite quantité dans la salive, la sueur, les larmes, l’urine ou les vomissures par exemple, vous ne pouvez pas contaminer quelqu’un d’autre par ce biais. Néanmoins, le sang, le sperme, le liquide séminal, les sécrétions vaginales, le liquide rectal ou encore le lait maternel peuvent être contaminants.

Dans les faits, il existe 3 modes de transmission du VIH :

  • Lors d’un rapport sexuel, avec des « degrés » de risques plus ou moins importants selon les actes. Si le risque de contamination paraît plus élevé lors d’une pénétration vaginale ou anale, il peut sembler, à tort, moins courant dans le cadre d’une fellation ou d’un cunnilingus. Par exemple, si la personne qui se fait pratiquer la fellation est en primo- infection, le risque pour la personne qui pratique est augmenté de 30 % (2). Ainsi, il faut noter que les facteurs aggravants sont : si l’un(e) des partenaires est en primo-infection, si l’un(e) des partenaires est déjà porteur(se) d’une IST, s’il y a présence de sang (règles, rapport traumatique, petites plaies).

Bon à savoir : à chacun ses jouets !

Si vous utilisez des jouets sexuels, veillez à ne pas les échanger avec votre (vos) partenaire(s) car ils représentent un fort risque de contamination dès lors qu’ils ont été en contact avec des sécrétions ou du sang contaminé. Pensez donc à toujours les nettoyer à l’eau chaude et au savon (n’utilisez jamais de désinfectant qui pourrait irriter les muqueuses et favoriser la transmission d’une IST en cas de rapport à risque) ou à les utiliser avec un préservatif (à changer à chaque changement d’utilisateur(trice)).

  • Par contact direct avec du sang : souvent accidentel, le contact par le sang peut se faire par le biais d’une coupure ou autre plaie, ou encore lors d’un échange ou d’un partage de matériel infecté pour les usagers de drogue par voie intraveineuse, ou encore par le biais de l’utilisation d’un matériel de tatouage ou de perçage « maison » et donc pas stérilisé correctement, par exemple.

 

  • Pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement : une mère séropositive peut contaminer son enfant pendant la grossesse (par voie sanguine), durant l’accouchement (notamment par voie sanguine et par les sécrétions vaginales) mais aussi pendant l’allaitement (via le lait maternel). C’est pourquoi, si vous êtes séropositive et que vous attendez un bébé, il est nécessaire d’avoir un accompagnement médical adapté avec un traitement qui permettra de limiter le risque de transmission vers votre enfant.

Faites-vous dépister contre le VIH avant de tomber enceinte.

 

Si vous envisagez une grossesse, il est important de vous faire dépister avant de tomber enceinte, afin d’être prise en charge et de suivre les traitements requis pour protéger au mieux votre enfant du VIH. Les médicaments prescrits permettent de bloquer la transmission du virus de la mère à l’enfant, pendant la grossesse, lors de l’accouchement et de l’allaitement.

Le saviez-vous ? Stop aux idées reçues sur le VIH

Le VIH ne se transmet pas par :

  • les larmes, la sueur, la salive, la toux, les éternuements, les piqûres d’insectes : le virus du sida est présent en trop faible quantité.
  • une poignée de main, un baiser, un massage, la masturbation (s’il n’y a pas de plaie sur l’un et l’autre des partenaires) : le VIH se transmet uniquement par contact direct entre une « porte d’entrée » et des fluides corporels tels que le sang, le sperme, etc.
  • une transfusion sanguine : chaque don du sang fait l’objet d’un dépistage.
  • les soins dentaires, piercings et tatouages : le matériel utilisé par les professionnels agréés est stérile et à usage unique.

3 Comment se protéger contre le VIH et éviter tout risque de contamination ?

Le préservatif interne ou externe pour se protéger

 

Utiliser un préservatif permet de se protéger du VIH.

 

Pour vous protéger de tout risque de contamination, le moyen le plus courant est d’utiliser un préservatif, masculin (externe) ou féminin (interne). C’est une barrière efficace contre les IST dont le VIH lors de vos relations sexuelles.

Vous pouvez aussi être contaminé par le VIH lors de rapports bucco-génitaux. Dès lors, pour éviter d'être exposé au VIH ou à une autre IST-MST, utilisez un préservatif (il en existe des parfumés !) lorsque vous pratiquez une fellation et optez pour l’utilisation d’une digue dentaire, un petit carré de latex à poser à l’entrée du vagin et du clitoris, dans le cas d’un cunnilingus, ou sur l’anus pour un anulingus.

 

Le TASP et la PrEP, des alternatives au préservatif

 

Moins connus que le préservatif, le TASP et la PrEP sont pourtant deux moyens aussi efficaces contre la transmission du virus du sida. Le TasP (« Treatment as Prevention ») consiste à utiliser le traitement d’une personne séropositive par antirétroviraux comme un moyen de prévention. Cela permet de rendre la charge virale intransmissible et ainsi d'empêcher le risque de contamination vers une personne séronégative. Une personne séropositive qui prend son traitement correctement ne peut plus transmettre le VIH a son.sa.ses partenaire(s) (2).

La PrEP, quant à elle, est destinée aux personnes non porteuses du VIH souhaitant se protéger du virus. Ce traitement médicamenteux se prend avant et après un rapport sexuel potentiellement à risque, ou une pratique risquée (usage de drogues par intraveineuses par exemple). Ce traitement est disponible uniquement en consultation PrEP.

L’autre point essentiel pour se protéger et éviter de transmettre une infection, est de vous faire dépister régulièrement. Cela vous permet de bénéficier d’un traitement rapide en cas de contamination, et d’avertir votre partenaire pour qu’il ou elle se fasse dépister et traiter à son tour.

Bon à savoir

Les autres moyens de contraception que le préservatif, tels que la pilule, l’implant ou encore le DIU (dispositif intra-utérin) ne vous protègent pas des IST.

4 Que faire si vous avez pris un risque ?

Rupture de préservatif, relation non protégée... Il existe un traitement qui permet d’éviter l’infection au VIH : le TPE (traitement post-exposition). Il s’agit d’un traitement d’urgence que vous devez prendre le plus rapidement possible après le rapport à risque, au mieux dans les 4 heures, au maximum dans les 48 heures. Sous forme de trithérapie, le traitement dure un mois et demande des dépistages réguliers pendant 3 mois. Vous pouvez notamment y avoir accès dans les services d’urgences des hôpitaux.

Après un rapport à risque, prenez également rendez-vous chez votre médecin qui vous indiquera le traitement et les précautions à prendre. Vous pouvez aussi consulter à distance grâce à la téléconsultation.

5 Comment savoir si vous êtes infecté par le VIH ?

Si 5 millions de tests VIH sont réalisés chaque année en France (2), ils restent malheureusement souvent trop tardifs. En effet, le VIH continue sa progression dans l’organisme tant que les traitements ne sont pas suivis. D’où l’importance de se faire dépister régulièrement pour savoir si vous êtes infecté par le VIH ou d’autres IST. En cas de doute ou de rapport à risque, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Pour dépister l’infection par le VIH, une analyse de sang est effectuée pour rechercher des anticorps spécifiquement créés par votre organisme en défense au virus. À noter que votre corps met un certain temps avant de produire ces anticorps. Il est donc nécessaire de vous faire dépister en respectant les délais d’attente suivant un rapport jugé à risque : 6 semaines pour une prise de sang classique, 3 mois pour un TROD (test rapide à orientation diagnostic pratiqué dans certains centres de dépistage, plannings familiaux et par des associations lors d’événements festifs (festival, manifestation, etc.)) et 3 mois pour un autotest, à pratiquer donc soi-même et disponible en pharmacie.

 

Comment se transmet le VIH ?

 

Vous pouvez réaliser le test sur prescription médicale dans n’importe quel laboratoire ou directement dans un centre gratuit d’information et de dépistage des IST (CEGIDD). Dans les CEGGID, les tests se font de façon anonyme, et il suffit d’être accompagné d’un majeur pour se faire dépister lorsque l’on est mineur.

Afin de faciliter le dépistage du VIH, la Mairie de Paris et la Région des Alpes-Maritimes (soutenues par l’Assurance Maladie) proposent des tests gratuits, sans rendez-vous ni ordonnance. Vous pouvez ainsi vous rendre dans un laboratoire d’analyse médicale proche de chez vous, muni de votre carte vitale (ou de votre numéro de Sécurité sociale) pour vous faire dépister.

6 Les traitements anti-VIH permettent-ils de bloquer la transmission du virus ?

Les traitements utilisés contre le VIH s’appellent les « antirétroviraux » (ARV). Ils agissent comme une véritable barrière protectrice qui vient soutenir votre système immunitaire et réduire votre charge virale (la quantité de virus dans votre sang) jusqu’à ce qu'elle devienne indétectable lors de vos tests sanguins. Ils empêchent donc que vous transmettiez le virus à votre ou vos partenaire(s), même si vous ne vous êtes pas protégés durant un rapport sexuel avec un préservatif. À ce jour, les traitements antirétroviraux sont la meilleure réponse contre le VIH et sa transmission, un vaccin n’ayant pas encore été trouvé. Il est donc possible de vivre une sexualité épanouissante en limitant les risques lorsqu’on est séropositif !

Chiffres-clés

  • 23 % des jeunes de 15 à 24 ans affirment ne pas recevoir assez d’informations sur le VIH/sida.
  • 23 % des jeunes pensent que l’on peut guérir du sida.
  • 8 % des jeunes de moins de 25 ans admettent avoir pris au moins une fois un risque les exposant au VIH.
  • 13 % des personnes interrogées pensent que le VIH peut s’attraper en buvant dans le verre d’une personne ou au contact de sa transpiration.
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