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Un maraîcher ramasse ses fruits et légumes dans un champ
Environnement

« Nos usagers peuvent venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes près de chez eux. »

7 min

à propos du contributeur

Karen Yvan

Coordinatrice de la ferme urbaine Le Champ des possible

Rouen

L'essentiel de l'article

  • La permaculture est une agriculture durable.
  • Elle recrée artificiellement des écosystèmes aussi proches que possible de la nature.
  • L’utilisation des machines motorisées est limitée au strict minimum.
  • La production est vendue en circuits courts.
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1 Qu’est-ce qui distingue la permaculture de l’agriculture traditionnelle ?

Karen Yvan, membre de la ferme Le Champ des possibles. La permaculture est une agriculture agroécologique : elle ne détruit pas l’environnement et n’épuise pas les sols comme les productions classiques. Mais en plus, elle agit de manière à ce que ceux-ci soient résilients, c’est-à-dire capables de s’enrichir et de se régénérer par eux-mêmes. En somme, l’enjeu est de mettre en place des systèmes imitant l’écologie naturelle.

Nous devrions également obtenir le label bio cet été. Nos produits auront ainsi une traçabilité qui est très importante pour les consommateurs.

Du 29 mai au 13 juin, votez pour l'un des 13 projets innovants soutenus par la Fondation Macif avec l'opération MaFondation.

3 Quels sont les freins à la mise en œuvre des principes de la permaculture ?

K. Y. La difficulté principale est qu’il faut beaucoup expérimenter, car il faut tester toutes les interactions entre les plantes, les animaux, le climat, la terre… Les espèces doivent se protéger entre elles. Il y a aussi le travail manuel : comme on limite l’utilisation des machines fonctionnant aux énergies fossiles, le travail se fait « à l’huile de coude ».

4 Comment se passe l’intégration d’une ferme dans le tissu urbain ?

K. Y. Cultiver en milieu urbain implique de petites surfaces, 7 000 m2 pour nous. En revanche, nous densifions au maximum, avec une biodiversité optimisée : plantes aromatiques, fruits, légumes, fleurs… Car on l’oublie souvent, de nombreuses fleurs peuvent être mangées ! Bref, tout l’inverse de la monoculture : nous pratiquons un maraîchage diversifié, à échelle humaine, avec des débouchés locaux.

C’est très important dans notre approche, car notre objectif est aussi d’encourager la diversité alimentaire auprès de nos publics. Deux fois par semaine, nous faisons des ventes à la ferme et nous avons un partenariat avec une AMAP et des commerçants locaux.

À terme, nous espérons vendre aussi à des restaurants de la région pour toucher un maximum de gens. Toutes ces interactions sont nécessaires pour promouvoir la permaculture et détricoter le mythe que ce serait une alimentation de « bobos ».

Beaucoup de gens découvrent avec bonheur qu’il est très facile de faire une soupe !

Karen Yvan, coordinatrice de la ferme urbaine Le Champ des possibles

5 En plus des fleurs et des légumes, vous cultivez donc aussi le lien social ?

K. Y. Tout à fait ! Nous animons des ateliers culinaires pour réapprendre aux consommateurs à cuisiner simplement les légumes et leur en redonner le goût en montrant comment ils sont cultivés, d’où ils viennent, etc.

C’est une approche qui marche très bien dans les quartiers, car on privilégie l’appropriation personnelle : qu’est-ce que je peux faire avec ces légumes en fonction de mes goûts et de mes capacités ? Beaucoup de gens découvrent avec bonheur, par exemple, qu’il est très facile de faire une soupe ! Nous nous amusons à comparer ensuite avec des soupes achetées en supermarché : que ce soit sur le goût comme sur le prix et la composition, le verdict est sans appel ! Changer l’agriculture passe aussi par le changement des comportements alimentaires et la façon dont on achète ce qu’on mange. Tout est lié…

6 La permaculture serait-elle l’avenir des villes ?

K. Y. Il faut en effet changer le visage des villes pour les reconnecter à la nature. Nos usagers peuvent venir cueillir eux-mêmes leurs fruits et légumes près de chez eux. C’est une expérience qu’ils apprécient, adultes comme enfants. Nous accueillons aussi des groupes scolaires à la ferme pour leur faire découvrir ce grand jardin productif.

C’est un lieu humain, beau, où l’on a envie d’être, tout simplement ! En ville, ça ne va pas de soi… C’est aussi une façon d’éveiller des vocations chez les jeunes : être maraîcher en ville n’a rien à voir avec le métier d’agriculteur au sens traditionnel, à la campagne. C’est une nouvelle pratique du métier qui est très attractive. Installer des fermes en ville est capital pour toutes ces raisons.

MaFondation

En 2016, Le Champ des possibles a bénéficié du soutien de la Fondation Macif grâce à une donation de 10 000 euros qui a permis l’achat de matériel et la diversification des espèces cultivées.

Cette année encore, l’opération MaFondation récompensera 13 projets novateurs en leur partageant une enveloppe de 50 000 euros. Découvrez les associations candidates et soutenez votre projet préféré ! Les votes sont ouverts du 29 mai au 13 juin inclus.

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