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Bien-être

Les AMAP, des paniers pour mieux manger en circuit court

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à propos du contributeur

Lionel L'Haridon

Président du réseau d'AMAP Rhenamap

Mulhouse

L'essentiel de l'article

  • Les AMAP sont des associations qui mettent en relation directe des consommateurs et des agriculteurs.
  • Les consommateurs s’engagent sur l’achat de « paniers » de produits frais hebdomadaires, payés d’avance.
  • Les producteurs s’engagent sur la production et la livraison de produits de qualité à prix fixe.
  • Les produits proposés par les AMAP sont de saison, très majoritairement bios et locaux.
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1 Agriculteurs et consommateurs, unissez-vous !

Les premières AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont nées en France en 2003 du désir de rapprocher les agriculteurs des consommateurs des villes. Le principe est simple : un groupement de clients s’engage auprès d’un producteur de la région à récupérer chaque semaine une quantité donnée, sur une durée d’un an. En retour, le producteur s’engage à livrer des produits saisonniers de qualité, le plus souvent bios. Concrètement, cela se traduit par une offre de « paniers » composés d’un assortiment de produits de saison issus de l’exploitation (fruits, légumes, fromages, lait, charcuterie…).

Chaque membre de l’AMAP s’engage alors contractuellement pour la saison, et règle l’intégralité des sommes à l’avance (généralement en une ou trois fois, mais certaines AMAP pratiquent le paiement hebdomadaire). Les paniers sont alors préparés et acheminés par l’agriculteur dans un point de livraison groupée, proche du domicile des adhérents.

Pour Lionel L’Haridon, président du réseau d’AMAP Rhenamap, ce lien direct entre « consom’acteurs » et producteurs est primordial :

« Il engage les deux parties, et c’est ce lien qui permet au système de durer. En mettant “un visage” sur un produit, on sait exactement pour quoi on paye et où va notre argent. On apprend comment marche l’exploitation, quelles sont éventuellement ses difficultés passagères, etc. C’est la meilleure façon de se réapproprier sa propre consommation, parce qu’on comprend mieux les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de nos choix. Aujourd’hui, les AMAP de notre réseau représentent 70 emplois locaux, soutenus par l’engagement de 900 familles d’“amapiens” qui consomment chaque semaine leur panier de produits frais. »

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3 Avec les AMAP, c’est facile de manger sainement !

L’autre moteur des AMAP, c’est bien sûr la volonté de mieux manger.

« Il y a souvent une prise de conscience, par exemple à la naissance du premier enfant, de la nécessité de changer ses habitudes alimentaires, poursuit Lionel. Plus de fruits et légumes frais et de saison, moins de pesticides, moins d’aliments transformés… Les AMAP permettent d’avoir accès à des produits variés, saisonniers et bios pour la plupart. Le tout, à un prix beaucoup moins élevé que si on devait faire des courses équivalentes dans une enseigne bio généraliste, ce qui explique aussi le succès de cette formule ! ».

Fruits et légumes, lait et fromages, pains, charcuteries… L’offre est aussi diversifiée que le permet la production locale, pour le plus grand plaisir des acheteurs. Pour autant, le choix de l’AMAP n’est pas anodin : c’est un engagement qui nécessite souvent de changer quelque peu ses habitudes quotidiennes.

« D’abord, il faut venir récupérer son ou ses paniers chaque semaine au point de distribution. Ensuite, il faut se mettre à cuisiner, tout simplement ! Or on se rend compte que les personnes ont une vraie volonté de mieux manger, mais qu’elles ne savent pas toujours comment s’y prendre », constate Lionel.

Comment cuisiner des panais ? Pas évident pour tout le monde… La saisonnalité peut aussi être déroutante :

« Certes, c’est un gage de qualité, mais quand on a du chou pendant trois semaines en hiver, on peut vite manquer d’idées pour l’accommoder. C’est pour ça que nous proposons sur notre site et dans notre newsletter des recettes simples à réaliser avec les fruits et légumes des paniers. Nous envisageons aussi d’organiser des ateliers culinaires car il y a un vrai besoin, chez les adultes comme chez les enfants. Ceci dit, nos agriculteurs ont beaucoup diversifié leur production au fil des années pour permettre de varier les paniers, y compris en hiver ! »

4 Un fablab culinaire pour aller plus loin ?

Cette difficulté à cuisiner reste aujourd’hui un frein au développement des AMAP, mais Rhenamap n’est pas à court d’idées.

« C’est ce qui a inspiré notre nouveau projet de tiers lieu à Mulhouse, en partenariat avec la fondation Macif. Dans une zone de la ville en reconversion, un grand bâtiment accueillera un magasin de vente direct, une plateforme logistique et un lieu de distribution pour les paniers, un lieu de restauration, une cuisine pédagogique et un “fablab”, c’est-à-dire un incubateur d’entreprises du secteur culinaire. »

Bref, tout pour développer l’envie de bien manger, pour tous !

* Source : amap-idf.org, 2017.
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