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Reconversion professionnelle : de commercial à boulanger
Travail

De commercial à boulanger : la trajectoire de Jean-François Bandet

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à propos du contributeur

Jean-François Bandet

42 ans, ex-cadre commercial devenu boulanger

Paris

L'essentiel de l'article

  • On peut se reconvertir à tout âge.
  • Il existe de nombreux CAP pour adultes.
  • Pour apprendre un nouveau métier, il faut accepter de repartir de zéro.
  • Près d’un tiers des Français a déjà franchi le cap de reconversion (1).
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1 Comment êtes-vous devenu boulanger à 40 ans ?

Dans la vie, j’aime les nouveaux défis. J’ai eu plusieurs vies professionnelles. Après avoir travaillé dix ans comme commercial dans de grandes entreprises comme IBM, j’ai ressenti un besoin de changement. Avec un ancien collègue, on a décidé de créer une marque de vêtements de sport de combat. Huit ans après, la marque se portait bien et j’ai eu envie de vivre une nouvelle aventure. J’ai cédé mes parts à mon associé et j’ai cherché dans quoi je pourrais me lancer. J’ai toujours aimé la gastronomie. Le secteur de la boulangerie évoluait à vitesse grand V en France. Il était possible d’innover, de proposer des produits faits maison de qualité, de transformer sa boutique en espace à vivre. Ça a été mon envie.

2 Quelle formation avez-vous suivie pour cette reconversion ?

En 2015, j’ai candidaté dans les meilleures écoles de pâtisserie parisiennes. Après avoir été sur liste d’attente, l’école Ferrandi, très cotée, m’a accepté en CAP adulte. C’est une formation qui avoisine les 7 000 euros. Seule condition pour être pris : la motivation ! Les cours théoriques ont commencé en septembre et ont duré cinq mois. Après ça, j’ai effectué deux stages, le premier dans une boulangerie appartenant à une chaîne, le second dans une boulangerie indépendante réputée.

3 Ça fait quoi de se retrouver en formation à 40 ans ?

Ça rajeunit ! On se fait de nouveaux copains, on apprend. Mais côté formation, il faut mettre son ego de côté. Quand on a dirigé une entreprise, ce n’est pas toujours évident de recevoir des ordres d’un manager de 20 ans. Parfois, je me levais à 4 h du matin pour chercher de l’eau et pétrir de la farine. Mais j’ai joué le jeu. Mon précédent parcours ne comptait plus. Il fallait accepter de repartir du bas de l’échelle pour atteindre mon nouvel objectif.

5 Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

J’ai monté Bo&Mie, ma propre boulangerie située dans le IIe arrondissement de Paris. J’ai embauché pour commencer, une jeune femme, rencontrée à l’école Ferrandi mais aujourd’hui, nous montons une deuxième boulangerie dans le IIIe arrondissement, à laquelle elle sera associée. C’est une belle aventure !

6 En quoi votre expérience passée vous aide dans votre métier actuel ?

J’évolue dans un univers très différent de ce que je connaissais. Mais mon expérience en tant que cadre commercial et de dirigeant d’entreprise m’aide à définir la bonne politique de prix, à analyser la concurrence, et à gérer les équipes au quotidien. À l’heure actuelle, nous sommes 20 mais l’effectif va augmenter !

7 Le métier de boulanger est-il compatible avec une vie de famille ?

J’y veille ! Au début, ça a été difficile car au moment de l’ouverture en 2016, ma femme donnait naissance à des jumeaux. Il a fallu tenir le choc ! Les horaires ne sont pas simples : je commence souvent à 7 ou 8 h du matin et je finis à 20 h 30. Mais j’essaie de travailler 6 jours sur 7 et de m’accorder du temps libre pour profiter de ma famille.

* Dans les conditions et limites du contrat souscrit.

Source :

(1) Nouvelle vie professionnelle, Étude « Les Français et la reconversion professionnelle », 2017
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